Exercices de Style se penche sur le jeu vidéo, notamment sur le net. Après notre série d’articles Pub&Play, nous nous penchons aujourd’hui sur le Social Gaming. Futur champ de bataille économique entre les deux puissances que sont devenues Google et Facebook, le jeu social devrait rapporter, d’après les analystes, près de 1,32 milliards de dollars en 2012. Impossible donc pour les deux SuperBrand californiennes de passer à côté de ce marché, devenu aujourd’hui le terrain d’affrontement des réseaux sociaux.
Social Gaming, de la naissance à la croissance d’un secteur phare
Le social gaming prend son origine dans les jeux de société classiques, comme le Jeu de l’Oie ou le Monopoly. Le jeu social est, par opposition, l’antithèse du jeu solo (comme le Solitaire, par exemple). Le Social Gaming est multijoueur, asynchrone et aujourd’hui principalement diffusés sur les réseaux sociaux. Alors qu’avant, les joueurs devaient se trouver dans la même pièce et partager le même plateau, c’est aujourd’hui un réservoir quasi inépuisable de joueurs qui s’opposent via le Web.
Social Gaming et Internet, la rencontre de deux âmes sœurs.
Avec l’arrivée du Web, le jeu social prend un tournant. D’abord pratiqué sur les forums, par des biais bien spécifiques, ce type de jeu se trouve réservé à un public restreint. Les exemples de Bahagon, ou celui de Kraland, jouables via navigateur, proposent un monde persistant, social et complexe. Le côté parfaitement asynchrone permis par l’Internet est une des causes qui a permis au Social Gaming de parfaitement s’adapter au Web et de lui donner ses lettres de noblesse.
Facebook et Zynga, chronique d’un mariage annoncé
Créée en 2007, Zynga [zin-gâh] compte en 2011 148 millions d’utilisateurs uniques mensuels moyens répartis dans 166 pays pour une valeur estimée entre 15 et 20 milliards $. Spécialisée dans le jeu vidéo social sur réseau social, la société s’est vite imposée sur le réseau alors le plus en vogue : Facebook. Ses deux principaux succès sont FarmVille et CityVille, crées respectivement en 2009 et 2010 pour 82,7 millions et 88 763 269 utilisateurs mensuels. Diffusés primordialement sur les réseaux sociaux, les jeux de la société ont rapidement trouvé un public d’addict ou plus casual, mais toujours très présent. La réussite de la société est tellement fulgurante que de nombreux investisseurs commencent à s’y intéresser et y injectent près de 520 millions de dollars. Parmi eux : Google.
Google+ VS Facebook : le jeu social comme avantage tactique
Le 28 juin 2011, Google+ est lancé. La nouvelle, faisant l’effet d’un Tsunami 2.0 pour le monde du Web, est accueillie avec intérêt par de nombreux sites et autres utilisateurs. En l’état, le réseau social de Google ne propose rien de bien novateur comparativement à celui de Zuckerberg, si ce n’est le principe de cercle. Cette relative similarité met les deux réseaux sur un pied d’égalité en ce qui concerne la partie purement technique. Ce n’est pas là que la bataille se fera. Et pour nous, chez Exercices de Style, l’un des champs de bataille privilégié (car il y en a énormément, potentiellement) sera celui du Social Gaming.
Le contrôle du Social Gaming est crucial pour la réussite d’une réseau social
Dans le monde du réseau social, il ne peut en rester qu’un. La multiplication des réseaux sociaux, notamment lorsqu’ils ont pour fond la détente ( en opposition à des réseaux sociaux comme Viadeo qui misent sur le côté professionnel ), n’est pas souvent très utile à l’internaute. Seul compte pour lui (ou elle) le nombre d’inscrits, notamment dans ses propres cercles, les fonctionnalités de communication et…compte tenu de l’importance grandissante du secteur : les jeux sociaux présents sur le site. C’est en tout cas un pari que nous faisons de dire que qui contrôlera le maximum de jeux sociaux prendra un avantage non négligeable dans la lutte opposant ces deux géants.
L’exclusivité est le nerf de la guerre en matière de vidéo-ludisme
Figurons nous le jour où Zynga, la machine à hits, lancera son nouveau jeu : FarmVille 2 qui renouvellera complètement le concept jusqu’alors bien usé. Zynga, qui travaillait depuis près de 5 ans avec Facebook, lancera son jeu en exclusivité sur Google+, déjà investisseur de la société. Près de 40 millions de joueurs seraient attendus sur Google+.

Bien que cette annonce soit parfaitement imaginaire, la possibilité d’une telle situation est plausible. Le secteur du jeu vidéo est depuis bien longtemps régi par la règle de l’exclusivité. Car l’exclusivité draine un nombre conséquent de joueurs. Il n’est pas impossible que le Social Gaming suive un jour la même logique. Cette exclusivité pourrait alors avoir des répercussion dans la guerre que se mènent les réseaux sociaux. La migration d’une licence à succès d’un réseau social à un autre peut amener la migration d’un nombre important de joueurs, compte tenu du nombre très important d’utilisateurs actifs sur ces jeux…
Le jeu social : facteur clé de succès du réseau social
Ces jeux sont sociaux, dans leur gameplay, mais plus encore . Les migrations qu’ils peuvent entraîner peuvent être très importantes. Migrer pour jouer a tel jeu veut également dire migrer d’un réseau à l’autre pour retrouver ses partenaires de jeu. Des migrations massives et sociales donc, dictées uniquement par le jeu. Google, dans un récent communiqué disait vouloir maximiser sa plateforme de jeux sociaux sur Google+. On comprend mieux pourquoi.

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